Boris : de la musique à la recherche universitaire.

La musique est souvent à l’origine de beaucoup de passions qui prennent forme de manière différentes : être musicien, ingénieur du son, organisateur d’événements, communicant… Pour Boris, ça se passe du côté des études et de la recherche universitaire. Rencontre avec ce batteur qui dissèque la consommation musicale.

De Goldwave à Veik, que retiens-tu de tes dernières années dans la scène caennaise ?

Déjà un constat : en vieillissant il y a de moins en moins de personnes qui continuent à faire de la musique.

Au départ avec Goldwave on attachait beaucoup d’importance à ne pas se mélanger, d’être une clique, ne pas s’éparpiller dans d’autres groupes.

Au final, quand tu veux faire de la musique tu n’as pas le choix. Il y a une concentration qui se fait avec ceux qui décident de se professionnaliser ou qui arrivent à conjuguer leur taff et la musique. Ca fait maintenant un an et demi qu’avec Veik on se développe avec une envie commune : faire de la tournée.

Après tes études en école de commerce, tu décides de te lancer dans un milieu totalement différent : l’université et la recherche. Pourquoi ce choix ?

En bossant chez Orange en tant que chef de projet marketing dans le cadre de mon cursus, je me suis rendu compte que j’avais juste envie de faire encore plus de musique. J’ai jamais vraiment accroché aux standards de mon école de commerce.

Pour mon master 2 je voulais découvrir le milieu universitaire. J’ai eu le choix entre l’IAE et la Sorbonne.

J’ai privilégié l’IAE notamment pour être sur Caen et faire plus de musique. Une fois rentré dans ce master, j’ai rencontré un prof qui est devenu mon directeur de thèse qui m’a fait découvrir le monde de la recherche universitaire.

Sur quel sujet porte ton sujet de recherche ?

Sur la musique indépendante ! Quitte à que ce soit de la recherche, autant que ce soit sur un sujet qui me plaise. Je fais une ethnographie de la scène indépendante. C’est un travail de terrain donc beaucoup d’observations, de participations, des choses que je faisais avant mais sur lesquelles je porte un autre regard maintenant. Ca nécessite de se mettre dans des situations d’inconfort pour pouvoir regarder de manière plus neutre un milieu qui m’est familier.

Concrètement au lieu d’aller voir des concerts avec potes en buvant des bières, j’y vais seul et je m’ennuie, ce qui permet de voir les choses différemment.

Mon point d’entrée est de regarder les intermédiaires sur ce marché de l’indie.

Qu’appelles-tu intermédiaires ?

Les disquaires, la presse, les médias, les labels … Au final c’est très large car aujourd’hui n’importe qui peut être intermédiaire en créant un blog.

Il est important de se poser la question de comment cet écosystème d’acteurs participent à la construction de la qualité artistique.

Je me demande notamment comment la valeur se construit sur un marché au sein duquel la valeur n’est pas déterminée par le prix – globalement un disque que tu ailles l’acheter à la Fnac ou ailleurs coûte 15€. J’explore le rôle de ces intermédiaires dans ce processus de valorisation de la musique indépendante et les tensions et les conflits de valeurs qui existent avec un marché dit dominant.

Pourquoi le milieu indie plus qu’un autre ?

C’est un concept qui est né dans le milieu de la musique dans les années 75 mais que tu retrouves aujourd’hui dans plein d’industries culturelles : la BD, libraire, cinémas même la bière indépendante. Cette étude que je mène sur la musique ouvre la voie à plein d’autres sujets comme l’indépendance du travail , l’indépendance des états ou encore l’indépendance des médias avec un vrai débat sociétal.

Boris est membre du NIMEC, laboratoire de recherche normand et défendra sa thèse en 2019. D’ici là on continuera à le suivre avec Veik !

J'ai toujours eu l'impression que mes vinyles sonnaient terriblement mieux entre 1h et 4h du matin. Demandez à mes voisins !

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Boris : de la musique à la recherche universitair…

Par Ambroise Carrière Temps de lecture : 3 min
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