Concrete Knives : S02 E01 raconté par Nico

Des début à Flers jusqu’à aujourd’hui, il y a un monde qui a façonné Concrete Knives. Le second album qui sort dans quelques jours est comme le premier épisode d’une nouvelle saison : lourd de son passé avec la volonté d’écrire le présent. Rencontre avec Nicolas, membre fondateur du groupe, qui nous raconte la genèse de ce renouveau :

Que retires-tu comme expérience du premier album ?

Une expérience en demi teinte. La 1ere, c’était la rencontre incroyable avec le public, les gens en France, en Angleterre et en Europe. C’était des moments inoubliables avec tellement d’amour.  Puis l’autre face où il y a eu un rendez-vous manqué avec notre label d’alors, lié à un rachat de Coop par Pias, d’autres artistes étaient dans une situation similaire. On s’est senti compris entre pairs mais ça a crée des trucs pas très intéressants. 

Cette amertume a-t-elle marqué l’écriture de votre prochain album ?

Honnêtement non. On ne fait pas de la musique pour un label ou pour des personnes, mais uniquement pour nous. Sinon c’est le risque de se fourvoyer, d’être dans une démarche faussée. Le premier disque était un recueil, une sorte de digestion de cinq ou six années de vie, de la fin du lycée à la fac. Le second est sur les quatre années qui ont suivi, centrées sur le fait de trouver du sens.

Les tournées, les résidences, le studio vous ont étourdi ?

Oui, c’était un mélange de perte de soi et de fatigue … tu te poses quand même la question de comment après ces six années tu te replaces dans la vie. C’est franchement compliqué de savoir ce dont tu as envie avec de nouveaux repères.

Concrete Knives au Bazarnaom © Ambroise Carrière

Une décennie est passée entre les premiers pas de Concrete Knives et maintenant. Comme gérez-vous les projets de vie de chacun ?

C’est une nouvelle organisation, plus stricte et moins spontanée. Mais c’est cool, c’est un autre regard sur les choses, sur la vie. Être parents ou tout simplement vieillir impact forcément le projet artistique, on a d’autres envies.

Il y a aussi des égos qui ont du évoluer avec les side project : Samba De La Muerte, Eleacampane ?

Ca fait partie du groupe et c’est ce qui donne notre caractère. Ca a apporté un regard différent, de nouvelles énergies, inspirations. 

On se rend compte qu’on a été extrêmement chanceux avec Concrete Knives.

Il ne suffit pas d’être un excellent musicien et de mettre énormément de coeur à faire les choses pour réussir. Il faut aussi avoir l’esprit d’initiative, vouloir avancer sans trop regarder sur le côté.

C’était un besoin pour chacun de s’exprimer différemment ?

Concrete Knives a été le catalyseur de notre carrière musicale. On a tous été pris par le tourbillon et nous nous sommes retrouvés à 30, 32 ans à faire de notre passion un métier. Mais le rapport à la musique ne se résume pas à un seul groupe. Il y a d’autres formes d’expression, et je pense que chacun avait besoin de tester de nouvelles expériences. Pour moi ca a été Elecampane. Une philosophie qu’on avait besoin de retrouver :  si on nous demandait de jouer et qu’on avait de quoi rembourser nos frais de route, on y allait. De fil en aiguille on s’est retrouvé à faire une tournée en Hollande avec des copains.

Concrete Knives au Bazarnaom © Ambroise Carrière

Une sorte de décompression ? Une non prise de tête ?

Les grosses stratégies sont usantes, c’est fatiguant. Je ne pense pas qu’il y ait foncièrement de recettes magiques. On fait avec, avec ce statut de produit. Je n’ai pas de souci avec ça, c’est juste que les règles sont souvent dénuées de sens. Je préfèrerai me concentrer uniquement sur la musique et la rendre accessible sans monter des montagnes.

2018 sera synonyme de scènes ? 

On a trois dates qui arrivent : Londres, Paris et Caen. Puis à partir de février on va aller aux quatre coins de la France. On est pressé de partager ce nouvel album.

Sortie de l’album « Our Hearts » le 23 Février 2018

Page de l’artiste ici.

J'ai toujours eu l'impression que mes vinyles sonnaient terriblement mieux entre 1h et 4h du matin. Demandez à mes voisins !

Commentaire

Concrete Knives : S02 E01 raconté par Nico

Par Ambroise Carrière Temps de lecture : 4 min
0