Dans les coulisses du Nördik avec Rodolphe

C’est LE rendez-vous incontournable à Caen depuis presque 20 ans. Chaque année, Nördik réussit la prouesse de rassembler au sein d’un même lieu mélomanes, curieux, vieux briscards et lycéens qui n’ont pas bu que de l’eau. À moins d’une semaine du coup d’envoi, on s’est intéressé à l’envers du décor ; pour cela on a rencontré Rodolphe, qui travaille sur l’événement (quasiment) depuis sa création.


Salut Rodolphe ! Déjà, quelle est ta place au sein du Cargö et de Nördik ?

Je fais partie de l’équipe du Cargö depuis l’ouverture de la salle, donc 10 ans ! J’occupe le poste de responsable de la production ; en gros je gère l’organisation de tous les évènements programmés au Cargö. Ça va de la location de matériel à la rédaction des contrats, en passant par la gestion des loges… Cela fait 16 ans que j’ai rejoint ArtAttack (l’association qui organise le Nördik et gère le Cargö NDLR) et que je bosse sur le festival. Mon boulot y est un peu similaire à celui que j’effectue au Cargö puisque je m’occupe de tout ce qui concerne les artistes : les accueillir, booker leurs hôtels, gérer leur transport… Je suis un peu leur nounou !

Peux-tu nous parler rapidement de la création du festival ainsi que de ses grandes évolutions ?

Déjà ce que peu de gens savent, c’est que les deux premières éditions ont eu lieu à Hérouville. À la base Nördik n’était qu’une soirée du festival Les Boréales. À partir de la troisième édition ArtsAttack a choisi de s’émanciper et d’investir le site du Parc des Expositions. Le festival a ensuite connu une montée en puissance durant plusieurs années. On a testé quelques changements de lieu (notamment la presqu’île) mais le Parc Expo reste l’endroit idéal en terme de confort, à la fois pour le public, pour les artistes, et d’un point de vue technique. En parallèle de cette grosse soirée de clôture, on a peu à peu développé une programmation sur une semaine, dans plein de lieux atypiques.

Comment définirais-tu la direction musicale de l’événement à quelqu’un qui ne le connait pas ?

Le festival a une base electro mais on a toujours choisi de coller à l’évolution de ce courant et d’être à la pointe des tendances. On s’est donc régulièrement frotté à du novo dub, de l’electro-jazz, de la pop ou du hip-hop. Les têtes d’affiche ont été très nombreuses mais on peut citer Justice, Aphex Twin, Laurent Garnier, Jeff Mills, Grandmaster Flash, Mr. Oizo…


Si tu devais décrire Nördik Impakt en un mot ?

Impact ! Clairement c’est un grand temps fort de l’année, qui a une énorme incidence sur nos vies en terme d’implication, et de temps de sommeil ! Là on est dans la dernière ligne droite donc c’est ultra speed, beaucoup d’infos à gérer, de détails à régler… Je compare souvent ça au fait de passer dans un tunnel. Heureusement la sortie approche (rires) !

Peux-tu nous parler de cette nouvelle édition ?

Cette année on a choisi de mettre l’accent sur les artistes féminines. Le milieu de la musique électronique est très majoritairement masculin mais il y a énormément de filles très douées qui proposent des choses intéressantes et on voulait défendre ces visions artistiques. Sinon comme d’habitude il y aura un gros travail sur la scénographie et les lumières, sur scène et en salle. Le but est d’avoir la sensation d’être dans un lieu unique.

Ça bosse dur à quelques jours de l’évènement !

Comment se déroule le travail sur Nördik à l’année ?

Alors disons que ça dépend des postes. La com’ par exemple anticipe beaucoup. Pour ma part le travail commence dès que la programmation se confirme, donc grosso modo au printemps. Sachant qu’on essaie aussi d’avoir une année d’avance sur la programmation (en ce moment on bosse sur la vingtième édition), donc ça reste un travail à l’année !


Quels sont les plus gros soucis auxquels tu as été confronté ?

Mon travail consiste justement à éviter les gros soucis donc heureusement je n’ai pas connu de vraies tuiles. Après il reste des classiques du genre grève de train le soir de la soirée de clôture, mais ça reste anecdotique. On n’a jamais eu d’artistes qui ont refusé de jouer ou des pépins techniques majeurs par exemple…

As-tu un coup de cœur dans la prog’ de cette année ?

Manu le Malin et Umek, parce que je mixais déjà leurs disques quand j’étais ado, et que ça me renvoie directement à mes premières organisations de free party. J’essayerai de voir un peu de leur set mais malheureusement j’ai rarement le temps de profiter de la soirée !

(NB : On tient à remercier sincèrement Rodolphe, qui a trouvé deux heures dans son emploi du temps très chargé pour répondre à nos questions. En plus c’est un mec adorable.)

Nördik Impakt en quelques chiffres c’est :
19 éditions
+ de 1000 artistes programmés
+ de 24 000 spectateurs en 2016
700 personnes qui œuvrent dans l’ombre, donc 450 bénévoles

www.paulineleclercq.com

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Dans les coulisses du Nördik avec Rodolphe

Par Pauline et Thomas Temps de lecture : 4 min
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