Le rock à Saint-Lô : toute une histoire !

« 35 ans de Rock en pays Saint-Lois », ces trois semaines d’exposition à la bibliothèque d’Agneaux promettent déjà d’être un véritable évènement. Entre archives, témoignages et webradio, les concerts live sont aussi de la fête pour continuer d’écrire l’histoire de la musique saint-loise.
Rencontre avec François Lemarchand et Franck Sergent, à l’initiative du projet.

François Lemarchand et Franck Sergent sont à l'initiative de l'exposition. ©Anne-Louise Sevaux

François Lemarchand et Franck Sergent sont à l’initiative de l’exposition. ©Anne-Louise Sevaux

Pourquoi revenir sur cette histoire saint-loise du rock ?
Il y a deux ans, se sont tenues à la bibliothèque d’Agneaux, Les assises du Rock. A cette occasion, on a essayé de reconstituer l’histoire de cette musique à Saint-Lô, en tentant de comprendre d’où était né un tel engouement pour le rock. On en a profité pour lancer un Wiki, invitant chacun à compléter cette page. Le projet a séduit, mais les témoignages sont restés assez rares malgré tout.
Entre temps, il y a eu la création du groupe Facebook Le Rock à Saint-Lô, par Anthony Moisson, qui rassemble aujourd’hui plus de 700 membres. C’est finalement sur ce groupe que sont nés les premiers échanges de souvenirs entre les différentes générations.

On peut donc parler d’une vraie attente de la part des Saint-lois…
Cela a été flagrant sur le groupe Facebook. A travers des vidéos live ou des pochettes d’albums partagées sur ce réseau, on a senti une vraie volonté de la part des Saint-Lois d’échanger, de se rappeler et d’en apprendre toujours plus. Quant aux jeunes musiciens, ils sont assez curieux et veulent savoir ce qui s’est fait avant eux. L’exposition est l’occasion d’organiser un peu tout cela.

Une cinquantaine de clips, une centaine de CD

Comment avez-vous procédé pour récolter tous ces souvenirs ?
On a commencé par regarder dans nos archives personnelles, à la médiathèque et sur internet. On a aussi demandé aux gens d’apporter leurs contributions, à travers des photos, des affiches, des morceaux etc. Aujourd’hui encore, rien n’est figé, on compte sur l’expo en elle même pour déclencher des souvenirs, des témoignages. Pendant ces trois semaines d’accrochage, les choses devraient évoluer et s’enrichir au fur et à mesure.

Vous sauriez estimer ce que vous avez à présenter pour le moment ?
On a une cinquantaine de clips, qui seront projetés sur écran géant, plus de cent CD, une dizaine de vinyles et de cassettes et énormément d’affiches de toutes les périodes.

Affiches, disques ou photos de 1980 à 2015, entre souvenirs et découvertes pour François Lemarchand et Franck Sergent. ©Anne-Louise Sevaux

Affiches, disques ou photos de 1980 à 2015, entre souvenirs et découvertes pour François Lemarchand et Franck Sergent. ©Anne-Louise Sevaux

De quoi va être composée l’exposition ?
L’ensemble des objets sera présenté sous vitrines, les vinyles et affiches seront encadrés. Il y aura aussi un arbre généalogique retraçant l’histoire de la scène rock saint-loise, dessiné sur les fenêtres de la bibliothèque. Chacun sera libre de l’agrandir, le modifier ou d’y apporter des précisions. Enfin, en plus de la projection de clips, on a créé une webradio, disponible en ligne, qui tournera en boucle dans les lieux.

Toute une génération de musiciens érudits

Une webradio ?
Elle sera officiellement lancée le 9 février, jour du vernissage, et a vocation à s’enrichir au fil du temps. Pour le moment, on compte près de cents groupes Saint-Lois et plus de 400 morceaux ! On a essayé de proposer une qualité sonore, en écartant le live pour ne prendre que des enregistrements studio.

Le truc le plus fou qu’on vous ait confié ?
De manière générale on a eu des choses assez attendues mais aussi quelques belles surprises, comme le 45 tour et les affiches du groupe Valérian, qui doit être le plus vieux de l’exposition. Aussi, on a beau s’intéresser à la musique saint-loise depuis dès années, on a encore découvert des groupes que l’on ne connaissait pas.

Peut-on grâce à tout cela, parler de grands mouvements dans l’histoire du rock saint-lois ?
Les années 1990 – 2000 ont incontestablement été les plus riches. C’était énorme le nombre de groupes à cette période, généralement influencés par la pop d’Oasis ou de Blur. Ils avaient aussi la chance de pouvoir se produire dans pas mal de bars.
Enfin, on constate qu’au fil du temps que le niveau des groupes est de plus en plus haut, tant musicalement que culturellement. Les Dadds par exemple, étaient super pointus sur le rock psyché malgré leur jeune âge. C’était le début d’internet et on peut parler d’une certaine érudition de toute une génération de musiciens.

Et la suite alors, elle continue de s’écrire cette histoire ?
Elle continue mais avec de moins en moins de lieux pour accueillir les concerts, alors elle s’écrit surtout dans l’ombre. Pourtant il y a autant de groupes qu’avant, mais ils ont moins l’occasion de se produire sur scène. Mais cette exposition accueillera des concerts tous les samedi, et on a des disques qui datent de 2015, preuve que le rock continu !

Exposition gratuite à la bibliothèque d’Agneaux du 9 au 27 février.Toutes les infos sont à retrouver ici.

J'ai toujours eu l'impression que mes vinyles sonnaient terriblement mieux entre 1h et 4h du matin. Demandez à mes voisins !

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Le rock à Saint-Lô : toute une histoire !

Par Ambroise Carrière Temps de lecture : 5 min
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