L’interview rétro : Ghost Friends

Rangez vos skates et éteignez MTV ! Pour cette première interview rétro, on a demandé à Martin Bonnet, chanteur-guitariste au sein des indie-rockeurs caennais de Ghost Friends (mais aussi guitariste pour Samba de la Muerte) de se plier à nos questions surgies tout droit du passé. Références à Nirvana, pouvoirs de la VHS et support K7 : on vous fait faire un bon de 25 ans en arrière.

Salut Martin. Pour commencer, tu peux me raconter comment s’est formé Ghost Friends ?

Au moment où nous avons formé Ghost Friends, je ne faisais déjà plus partie des Concrete Knives [Martin a été bassiste au sein du groupe, NDLR]. J’avais un projet qui s’appelait Kids From The Pack, dans un style punk-rock enregistré à l’arrache où nous étions deux accompagnés par une boîte à rythmes. Comme en parallèle je commençais aussi à composer des choses assez mélancoliques qui ne collaient pas avec ce groupe, j’ai formé Ghost Friends. L’idée, c’était d’avoir quelque chose de structuré pour donner plus de concerts.

On parle souvent des 90’s pour définir votre son. C’est une période dans laquelle vous vous reconnaissez d’un point de vue musical ou pas du tout ?

On nous colle cette étiquette parce que, pendant les années 2000, il n’y a pas eu de groupes capables de jouer des mélodies pop tout en ayant des « grosses guitares », comme ce fut le cas pendant les années 90. L’indie-rock en 2000, c’était plus des trucs comme The Strokes, Gossip, Yeah Yeah Yeahs. Des groupes qui sont vites devenus célèbres et qui sont ensuite retombés un peu dans l’oubli avec l’avènement de l’électro. On nous compare parfois à Nirvana mais ce n’est pas vraiment une source d’inspiration pour nous.

10924157_813637762086022_230430625707693576_o

Tu la vis comment toi cette nostalgie pour les années 80/90 qui semble frapper tout le monde, même ceux qui n’ont pas vraiment connu ces décennies ?

Ça fait quatre ou cinq ans que je me dis que le grunge et l’indie-rock vont faire leur grand retour. Et ce retour a bien lieu mais ça reste un truc de niche. En France, c’est d’autant plus compliqué parce qu’il n’existe pas de scène indie-rock comme il en existe une pour le garage ou le hardcore par exemple. C’est plus difficile pour trouver des concerts. On se fait parfois recaler juste parce qu’on ne rentre pas dans les bonnes cases. C’est assez frustrant…

Votre clip a été tourné avec un caméscope VHS et vous sortez vos EPs en format K7. Vous utilisez quand même pas mal de vieux matos…

Ce n’est pas par nostalgie. Pour la VHS, c’est plus le style de l’image qui nous plait. Tu peux par exemple la distordre, obtenir des effets étranges avec. Ce qui est moins possible avec de la HD. Et puis c’est aussi une réaction face aux groupes qui font des clips avec des images hyper soignées.

Et pour la K7, on adore le format et c’est vraiment pas cher à produire. Par contre on fait toutes les copies manuellement. Ça, ça nous prend pas mal de temps !

Et vous le sortez quand votre prochain EP ?

Tout est déjà enregistré donc ça ne dépend que de nous. Le truc, c’est qu’on veut donner des concerts derrière et ces derniers mois on n’a pas trop eu le temps. J’ai été bien occupé par Samba de la Muerte et Boris bossait sur son nouveau projet, Veik. A présent, on pense le sortir en décembre.

Question bonus : si tu pouvais remonter le temps, quel grand moment musical tu voudrais revivre ?

Mmh… Je dirais Woodstock en 99 ! Il n’y avait que des groupes de nu-métal et des débordements, des incendies, des bastons… Les gens étaient malades ! Le cauchemar du rêve hippie en gros.

En attendant la sortie de leur EP, retrouvez Ghost Friends sur ses pages Bandcamp et Facebook

Grandir dans le quart nord-ouest français, c’est l’assurance de se prendre des litres d’eau sur la tronche à la défaveur d’une météo grincheuse et de passer beaucoup trop de temps dans les bars pour mener la vie recommandée par Michel Cymes. Qu’importe, ça rapproche aussi de Seattle, Portland ou Bristol, Sub Pop, Sarah ou K Records. Et à défaut d’un bronzage impeccable, c’est toujours un bon départ de pris pour s’en aller vous raconter de petites histoires avec beaucoup de passion dedans.

Commentaire

L’interview rétro : Ghost Friends

Par Grégory Vieau Temps de lecture : 4 min
0