Un festival sans squatteur : la Route Du Rock

Dans un mois et demi c’est la Route du Rock, nous avons parlé avec le directeur du festival : François. Entre l’avenir des festivals, la composition de sa programmation et le public normand, nous n’avons pas vu le temps passer !

Ta programmation compte zéro squatteur de festival ! Est-ce difficile à tenir ?

Tu me l’apprends ! Tant mieux, mais ce n’est pas délibéré. Pour être honnête on s’en fiche … Alban qui s’occupe de la programmation fait un vrai travail de recherche pour que ça corresponde à notre identité. On ne fait pas de snobisme. C’est juste que la découverte nous excite et faire des têtes d’affiches demande pas grand travail, juste un portefeuille bien rempli.

Pour autant vous avez des blockbuster comme Phoenix ou Daho. Est-ce une manière de rendre plus accessible la prog’ ?

Pour Phoenix, c’est la deuxième fois qu’ils viennent. La première fois c’était avec Air, les deux groupes Versaillais en même temps : c’était incroyable. Nous n’avons pas attendu que ça devienne une grosse machine. Même ainsi, ça n’enlève rien à leur crédibilité artistique.
On entend des vents de critique notamment pour Charlotte Gainsbourg … De notre côté on est droit dans nos bottes : son dernier album est magnifique, produit par Sebastian qui a fait un travail remarquable.

Daho, Gainsbourg, Phoenix : ce sont des locomotives mais on ne vend pas notre âme pour autant.

Comment vois-tu les prochaines années pour les festivals français ?

C’est en train de bouger. Il y a deux mouvements. Celui qui est naturel, économique : il y a de plus en plus d’acteurs pour un marché qui est limité. Tout le monde veut faire son festival, notamment les collectivités pour l’image. Nous sommes trop nombreux et il commence à y avoir de la casse. L’autre mouvement, c’est la concentration des très gros par les mastodontes (Live Nation, AEG). Une guerre hallucinante. Ca castagne. Je ne sais pas comment cela va finir.

Comment décrirais-tu le public normand de la Route du Rock ?

On a une véritable histoire avec les normands et notamment les Saint-Lois. Il y a pas mal de bénévoles et un public historique. J’en ai une image assez pop et fidèle ! Ils sont difficiles à gérer certaines fois, surtout quand ils commencent à mettre le bazar au camping … C’est pas toujours de très bon goût ! Mais c’est une petite poignée, en dehors de cela ils sont adorables.

Quel est le groupe normand qui t’a le plus marqué ?

Concrete Knives ! On les a programmé trois fois. Je me souviens qu’à l’édition été, ils avaient fait monter un petit bonhomme de 10 ans qui a dansé avec la chanteuse sur la grande scène, juste avant Baxter Dury.

J'ai toujours eu l'impression que mes vinyles sonnaient terriblement mieux entre 1h et 4h du matin. Demandez à mes voisins !

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Un festival sans squatteur : la Route Du Rock

Par Ambroise Carrière Temps de lecture : 2 min
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