Punk, cirque et rêves de gosse : la formule magique des Goaties

Du punk à l’indien, du français à l’anglais en passant par la famille, les boucs (goats en anglais) et les copains… Quel exercice délicat que celui de décrire les Goaties. Alors pour être sûre de trouver les mots justes il était préférable de leur donner la parole. C’est au studio Télémaque, à Fresney-le-Puceux (charmant village de la Suisse normande), qu’on les a rejoint. Le temps d’une matinée, sans café ni costume, ils nous ont raconté l’histoire de leur trio caennais débutée il y a dix ans au milieu des collines. Une histoire dans laquelle cirque et musique résonnent, une histoire où l’amitié dicte les rêves, à moins que ça ne soit l’inverse.

The Goaties © Benjamin Vernet

The Goaties © Benjamin Vernet

Les Goaties qui êtes vous, en groupe et dans la vie ?
Martin : Je suis batteur dans les Goaties et musicien le reste du temps. Je donne des cours de solfège et joue dans plusieurs formations. Disons que comme tout vrai musicien, je multiplie les projets.
Félix : Dans les Goaties, je suis guitariste et chanteur. Dans la vie, je suis aussi le grand frère de Martin et en plus de tout ça, je suis peintre. J’interviens sur des décors, des évènements etc.
Joseph : Moi je suis bassiste et chanteur dans les Goaties et aussi guitariste dans les Lanskies, dans Mandale et dans les Dénicheurs. J’aime essayer de faire croire que je suis le père de Martin et Félix… Mais la vérité, c’est qu’on est simplement les meilleurs amis du monde, et cela depuis dix ans.

Vous êtes donc deux frères et trois amis, voilà qui n’est pas si banal ! D’où est née votre rencontre ?
Joseph : On s’est rencontré à l’école, sur le terrain de basket. Je trouvais Félix vraiment cool parce qu’il avait déjà un anneau à l’oreille.
Félix : On se connaît depuis dix ans et on peut presque dire que l’on a dix ans de carrière. Même si ça fait vraiment trois ou quatre ans qu’on se bouge un peu plus.
Martin : Et notre formation n’a jamais évolué, on a toujours joué tous les trois.

Notre engagement c’est le vivre bien

The Goaties © Benjamin Vernet

The Goaties © Benjamin Vernet

Et comment fait-on pour composer quand ça fait déjà dix ans qu’on le fait ? 
Félix : On continu sur notre lancée, même si aujourd’hui, on a décidé de se tourner vraiment vers des textes en français. L’anglais c’est chouette, mais on est moins crédible.
Joseph : On a l’habitude de composer et d’écrire ensemble. Les paroles des morceaux nous posent vraiment problème. On enregistre demain par exemple et on n’a toujours pas de texte…

Avez-vous des sujets de prédilection ? Des engagements particuliers ?
Joseph : On ne peut pas parler de textes engagés même si notre engagement c’est le vivre bien. Je pense que cela se traduit un peu dans nos chansons.
Félix : En ce moment par exemple, on est en train d’écrire un texte sur notre quartier : celui de la gare à Caen. On se sert parfois de l’humour dans nos textes pour illustrer un fond un peu moins gai.

On a toujours de nouvelles conneries à faire

The Goaties © Benjamin Vernet

The Goaties © Benjamin Vernet

Avec des cuivres, des indiens et même un peu de cirque, vous avez fait de la scène du Cargö votre cour de récréation au début du mois d’octobre. D’où vous viennent toutes ces idées ?
Joseph : On a beaucoup préparé cette soirée pendant laquelle le Cargö nous avait donné carte blanche. Les semaines qui l’ont précédée, nous avions tout un tas d’idées un peu folles pour ce concert. Mais de connerie en connerie, on a fini par trouver des compromis pour que le projet soit réalisable. On grandit !
Félix : Mais malgré cet excès de raison, on tenait à ce que tout soit drôle à réaliser. On a besoin de s’éclater en le faisant.
Martin : Initialement, on voulait venir à cheval et mettre des poules et des chiens sur scène. Cela nous aurait sans doute causé quelques problèmes. Mais si ça ne tenait qu’à nous…

Vous êtes réputés pour votre performance scénique. Le live, c’est inné chez vous ?
Félix : Ca fait longtemps qu’on joue ensemble donc on est très à l’aise tous les trois. Et on aime proposer un véritable spectacle, à travers nos costumes notamment. L’idée est que l’ensemble soit drôle, joli et violent à la fois.
Martin : Notre père était blues man et tout gamin déjà on assistait à ses concerts. Cela nous a sans doute aidé à apprivoiser la scène.
Joseph : On a très vite compris que quand tu montais sur scène tout s’annulait : dépression, maladie… La scène est un endroit pour être quelqu’un d’autre ou complètement soi. Et puis on a toujours de nouvelles conneries à y faire et on tient à surprendre le public. Il ne faut pas instaurer d’habitudes dans le spectacle. Je me suis d’ailleurs mis à la gym, pour pouvoir faire des saltos et un grand écart sur scène.

On aimerait monter notre propre cirque

The Goaties © Benjamin Vernet

The Goaties © Benjamin Vernet

Sur quelle scène rêvez-vous de monter ? 
Joseph : On aimerait beaucoup jouer dans un cirque. Peut-être même monter notre propre cirque, un genre de cabaret punk. C’est vraiment notre rêve de gosse, notre bonne idée.
Martin : Mais avant ça, on veut pouvoir tourner. En France, dans d’autres pays ou dans des lieux insolites.
Félix : Pour le moment il faut reconnaître qu’on a du mal à quitter notre Normandie.

En vous voyant débordant d’énergie sur scène, on imagine que le studio pourrait être un passage compliqué pour vous, est-ce le cas ?
Martin : C’est parfois un peu long, mais comme on enregistre essentiellement avec Cyril, fondateur du studio Télémaque, qui est aussi un très bon ami, tout se passe bien.
Félix : Le rythme du studio est très particulier, il faut donner beaucoup d’énergie d’un coup, puis plus du tout pendant des heures. Pendant qu’un de nous trois fait ses prises, les autres jouent à la Game boy.
Joseph : Si c’est parfois un peu long, le studio fait un bien fou, pour nous comme pour nos morceaux.

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Punk, cirque et rêves de gosse : la formule magiq…

Par Anne-Louise Sevaux Temps de lecture : 6 min
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